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Heated Rivalry : ce que la série fait bien… et ce qu’elle invisibilise

by Enoha
4 février 2026
in Culture
Les deux joueurs de hockey Ilya et Shane dans la série gay Heated Rivalry

Les deux joueurs de hockey Ilya et Shane dans la série gay Heated Rivalry (© Crave/HBO)

Disponible en France à partir du 6 février sur HBO Max, Heated Rivalry est la romance gay ultra surfureuse qui fait le buzz. Entre hypersexualisation, clichés et normes corporelles imposées, la série soulève plusieurs questions sur la représentation des hommes gay et bi. La rédaction de SimiliQueer a binge-watché la série et analyse ses points positifs et négatifs.

Heated Rivalry et le mythe du corps parfait chez les hommes gay

Dans Heated Rivalry, tous les personnages ont un corps d’athlète bodybuildé, ce qui est en soi cohérent pour les personnages qui sont des athlètes. Cependant, même le barista visiblement précaire est baraqué, ce qui est une occasion ratée en terme de casting de représenter la diversité des corps queer.

Ce injonction au corps présente dans la majorité des séries représenant l’homosexualité masculine créé un standard souvent inatteignable. ne représente pas du tout la réalité des relations homosexuelles et peut mettre mal à l’aise nombre de téléspectateur·ices.

Cette ultra-masculinité participe à une représentation hétéronormative du « bon gay » : musclé, viril et économiquement privilégié. Sur les quatre personnages principaux gay/bi, 100% correspondent à ce modèle.

Ilya et Shane, Personnages masculins musclés dans Heated Rivalry illustrant les normes corporelles imposées aux hommes gay.
Ilya et Shane dans la série gay Heated Rivalry (© Crave/HBO)

Heated Rivalry : une série qui explore le coming out et les questionnements amoureux

Tout au long de la série, les deux protagonistes vont se questionner sur leur propre sexualité, entre les relations qu’ils ont pu entretenir avec des femmes et leur désir profond d’une histoire entre eux deux.

Ils vont également faire face à l’absence de joueurs de hockey publiquement out, ce qui va les empêcher de s’épanouir pleinement, en plus de la peur du jugement de leur propre entourage.

Les deux protagonistes de Heated Rivalry se questionnent sur leur sexualité et leur relation.
Ilya et Shane dans la série gay Heated Rivalry (© Crave/HBO)

Quand Heated Rivalry invisibilise la diversité queer et les identités non normées

Dans cet idéal du “bon gay”, l’homme musclé est aussi viril et riche. Le succès de la série auprès d’un public hétéro-cis, qui met en avant ce modèle unique, en dit long sur les conditions implicites d’acceptation des hommes queer dans la société. Ici, pas de place pour la « folle » : les personnages gay et bi doivent se conformer à une masculinité normée pour exister…

Même le personnage qui est out au début de l’histoire s’inscrit dans ce prisme du “bon gay”. C’est, selon nous, une occasion manquée de montrer toute la diversité qui existe au sein de la communauté.

Heated Rivalry pointe le manque de joueurs gay et bi dans le hockey masculin

Ilya et Shane se heurtent à l’absence de figures homo dans le hockey ; ils s’imaginent que certains joueurs sont peut-être gay/bi mais aucun ne l’affirme publiquement.

La série évoque le manque de représentativité queer dans le sport masculin (ici le hockey) avec nombre de sportifs qui restent dans le placard. La NHL (ligue nationale de hockey) est par ailleurs la seule ligue de sport professionnel où il n’y a aucun joueur out… jusqu’à très récemment !

En effet, à la suite du succès de la série, Jesse Kortuem, joueur de hockey professionnel, a récemment fait son coming out, illustrant l’importance cruciale de la représentation queer dans les médias.

Heated Rivalry évoque l’absence de joueurs publiquement out dans le hockey ou le sport pro
Ilya et Shane dans la série gay Heated Rivalry (© Crave/HBO)

Heated Rivalry et la représentation répétitive du gay bourgeois

Les personnages principaux vivent dans un entre soi bourgeois et possèdent un important capital économique. Ils passent leurs soirées entourés de personnes riches et influentes, bien loin de la réalité de l’écrasante majorité des hommes gay ou bi qui ne sont pas représentées.

Bien que cette représentation soit logique, puisqu’il s’agit de joueurs pro, on déplore cette énième représentation médiatique du gay bourgeois, qui impose pour beaucoup un standard implicite à atteindre.

Heated Rivalry met en lumière le parcours des personnes queer immigrées

À travers le personnage d’Ilya, de nationalité russe, la série met en lumière le sort de nombreuses personnes queer en exil. Pour Ilya, fuir devient la seule solution lorsque sa propre famille le rejette et qu’il réalise que son pays d’origine représente un danger pour lui.

Cependant, nous déplorons la dépolitisation du sujet : la série n’évoque pas les causes politiques de cette oppression, notamment les politiques ouvertement LGBTphobes menées par l’extrême droite et par Vladimir Poutine.

Le personnage d’Ilya dans Heated Rivalry, représentant le parcours d’une personne queer immigrée.
Avec le personnage d’Ilya Rozanov (Connor Storrie) Heated Rivalry propose une représentation queer russe loin des clichés hollywoodiens. (© Crave/HBO)

Heated Rivalry minimise souvent l’homophobie et évite soigneusement la politique

La série propose un scénario dépourvu de toute revendication ou message politique, si ce n’est un message « love is love ». Alors que les droits LGBTQIA+ sont menacés partout dans le monde, on aurait aimé que la série s’en saisisse, plutôt que d’enchaîner les scènes fétichisantes entre hommes musclés.

La série est hétéronormée et minimise dangereusement l’homophobie de la société, ce qui est problématique dans une série “mainstream” qui va pour beaucoup représenter ce qu’est le vécu d’un homme gay/bi…

Par exemple, on doute qu’un baiser gay entre un joueur star et un membre du public se produise réellement sous les applaudissements : on imagine plutôt des huées masculinistes, à l’image des chants et insultes homophobes omniprésentes dans les stades de football en France.

Heated Rivalry (Kip et Scott) muscle gay
Kip et Scott dans la série gay Heated Rivalry (© Crave/HBO)

Heated Rivalry offre une représentation rare et nuancée de l’autisme

Même si ce n’est pas évoqué directement dans la série, Shane est sur le spectre de l’autisme. Sa voix et son visage sont peu expressifs, il est tendu, anxieux et concentré, et a du mal à exprimer ses sentiments. Sans entrer dans les clichés habituels des personnages autistes, Shane offre une représentation bien trop rare de personne neuroatypique non blanche.

Pour la saison 2, on souhaiterait que le sujet soit abordé de manière plus frontale, et que l’autisme de Shane soient explicités afin de donner de la visibilité aux personnes porteuses de ces troubles.

L’hypersexualisation des hommes gay comme argument marketing

Si la série a autant fait le buzz, c’est surtout dû aux TRÈS nombreuses scènes intimes entre Ilya et Shane. Devenus en quelques jours de véritables sex-symbol, leurs ébats font débat car le sexe semblent être l’argument marketing n°1 au détriment du scénario et des dialogues entre les personnages.

Avions nous besoin d’une série qui hypersexualise encore plus les hommes gay/bi que ce n’est déjà le cas dans l’imaginaire collectif, la société ainsi qu’au sein de leur propre communauté ?

Scène intime entre les deux protagonistes de Heated Rivalry (Kip et Scott) illustrant l’hypersexualisation des hommes gay
Kip et Scott dans la série gay Heated Rivalry (© Crave/HBO)

Heated Rivalry réussit à mettre en lumière certains parcours, comme celui des personnes queer immigrées, mais rappelle aussi que la visibilité ne suffit pas : la série laisse encore malheureusement de côté la diversité des corps, des classes et des expériences au sein de la communauté LGBTQ+.

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Tags: gayHeated Rivalrysériestreaming
Enoha

Enoha

Étudiant·e en journalisme et spécialiste des questions LGBTQIA+, politiques et liées au ferroviaire, j'analyse l'actualité sous un prisme inclusif et décalé. À travers un écrit, une photo ou une vidéo, j'aime transmettre des informations en toute simplicité.

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