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Elis Lundholm, premier athlète transgenre aux Jeux olympiques d’hiver, concourt en catégorie féminine

by Orleane Guyon
18 février 2026
in Société
Elis Lundholm, skieur de bosses suédois et premier athlète trans aux JO d’hiver 2026, en tenue de compétition sur les pistes de ski acrobatique.

Instagram/@skiteamswedenmoguls

Les Jeux olympiques d’hiver 2026 de Milano-Cortina se déroulent du 6 au 22 février en Italie. On y retrouve 16 disciplines, dont la luge, le curling, le saut à ski, etc., et 96 pays. Cette année, plus de 3 500 athlètes participeront aux Jeux olympiques et l’on peut compter parmi eux le premier athlète ouvertement trans des Jeux olympiques d’hiver : Elis Lundholm.

Elis Lundholm, premier homme trans aux JO d’hiver

Elis Lundholm est un skieur de bosses et acrobatique suédois de 23 ans qui s’apprête à concourir aux Jeux olympiques d’hiver. Il ne fait pas partie des favoris pour la médaille, n’ayant jamais dépassé la dix-huitième place en Coupe du monde en décembre 2025.

Cependant, sa participation soulève des questions complexes quant à la reconnaissance des personnes trans dans le sport. En effet, Elis Lundholm participe dans la catégorie « femme » dans la discipline du ski de bosses.

Cette décision s’explique par le fait qu’il n’a pas subi de transition médicale*. Elis Lundholm participe alors dans la catégorie de genre qu’on lui a attribuée à la naissance puisque le Comité olympique suédois considère que l’équité sportive est maintenue sans la présence d’intervention hormonale ou chirurgicale.

Elis Lundholm a déclaré à la télévision suédoise SVT :

« J’ai fait mon coming out et je me suis identifié comme un homme. Mais je participe aux compétitions féminines parce qu’elles ont les mêmes prérequis que moi. Et c’est OK pour tout le monde. »

Transition médicale : de quoi parle-t-on ?

La transition médicale n’est qu’une forme de transition parmi d’autres, et elle n’est ni obligatoire ni systématique. Elle se définit par une aide médicale qui vise à faire correspondre le corps à l’identité de la personne ; elle peut se traduire par la prise d’hormones ou la chirurgie.

Elis Lundholm, skieur de bosses suédois et premier athlète trans aux JO d’hiver 2026, en tenue de compétition sur les pistes de ski acrobatique.
Instagram/@skiteamswedenmoguls

La question des hormones dans le sport de haut niveau

La participation d’Elis Lundholm met en lumière, de manière plus générale, les questions liées aux critères hormonaux et biologiques qui entrent en jeu dans les compétitions sportives.

Encore récemment, la boxeuse Imane Khelif s’est vue être la cible de lynchages lors des Jeux olympiques de Paris en 2024. Elle était accusée de triche pour avoir concouru dans la catégorie féminine dans sa discipline, car son taux hormonal était trop « masculin » ; en d’autres termes, elle présentait un surplus de testostérone. Pourtant, cette dernière s’est justifiée récemment auprès du journal L’Équipe. Elle possède le gène SRY, un gène qui augmenterait le taux de testostérone de manière naturelle.

Ces discussions marquent une ambiguïté sur la définition des concepts de genre « féminin » et « masculin ». En effet, on remarque que les catégories de genre sont très poreuses et que les définitions de ces dernières sont incohérentes. Par exemple, est-ce suffisant de définir le masculin par le taux de testostérone alors qu’il y a des pathologies qui marquent un taux de testostérone naturellement plus élevé pour des personnes nées femmes ?

Une frontière biologique moins claire qu’il n’y paraît

Le sport divise ses disciplines en catégories masculine et féminine pour préserver une prétendue équité sportive en justifiant cette séparation par des différences biologiques. Le problème, c’est que les institutions sportives conçoivent le genre comme une frontière binaire parfaite et indiscutable, avec d’un côté des femmes et de l’autre des hommes.

Pourtant, les critères invoqués soulèvent plusieurs limites :

  • Les chromosomes : il est impossible de définir le genre d’une personne en fonction de ses chromosomes puisqu’il existe des chromosomes XX et XY pour une même personne.
  • Le taux d’hormones : il est impossible de définir le genre selon un taux hormonal, car tous les individus possèdent les mêmes hormones et ces taux varient énormément au cours de notre vie (notamment à l’enfance, à l’adolescence, pendant la grossesse, après la ménopause, après l’andropause).
  • L’anatomie : il y a des personnes qui naissent intersexes (entre 1 et 4 % de la population) ; on ne peut alors pas définir le genre en fonction des organes.
  • La génétique : les gènes ne peuvent pas définir le genre d’une personne. Par exemple, le gène SRY (généralement associé aux personnes masculines) ne dicte pas le genre puisqu’il peut se retrouver chez tous les individus et être ou non actif.

Enfin, on comprend que les catégories strictes « homme » et « femme » ne reposent sur aucune définition biologique absolue. Qu’il s’agisse de la génétique, des chromosomes, des taux hormonaux ou de l’anatomie, les individus ne peuvent pas être catégorisés de par leur grande diversité. La binarité est une construction sociale simplificatrice, et non une réalité scientifique.

Ainsi, le sport de compétition qui a fondé son modèle sur cette division pour essayer de garantir l’équité, se trouve face à ses propres contradictions. Les institutions sportives ne devraient pas créer de catégorie en fonction du genre car ce dernier ne se définit pas en fonction de marqueur biologique universel. En définitive, les institutions sportives aboutissent souvent à des règles arbitraires et discriminatoires qui excluent non seulement les athlètes transgenres, mais aussi les personnes intersexes ou certaines femmes cisgenres présentant des variations naturelles.

Finalement, peut-être qu’il faudrait repenser de nouvelles catégories basées sur des critères directement physiologiques ou biométriques. Cela permettrait d’être véritablement inclusif et de respecter la diversité des corps et des identités. Ainsi, Elis Lundholm pourrait concourir dans une catégorie propre à sa physiologie et il n’y aurait pas d’incohérence entre son genre et la catégorie dans laquelle il concourt.

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Tags: sporttrans
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