Le Rassemblement national (RN) affirme régulièrement défendre les personnes LGBT+ et lutter contre les discriminations. Pourtant, l’analyse de votes et des prises de position du parti d’extrême droite à l’Assemblée nationale et au Parlement européen montre une réalité plus complexe concernant les droits LGBT+.
De la PMA aux droits des personnes trans, en passant par les thérapies de conversion ou la lutte contre les discriminations, les élus du RN ont pris position à plusieurs reprises sur des sujets majeurs pour la communauté queer. Retour sur les votes et les déclarations du parti pour comprendre pourquoi une partie des personnes LGBT+ continue malgré tout de soutenir le RN.
Selon un sondage IFOP de mars 2026, le Rassemblement national représente 27 % des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle parmi les personnes LGBT+ interrogées.
Les votes du RN à l’Assemblée nationale sur les droits LGBT+
- 2021 : Le RN n’est pas encore un groupe parlementaire, mais Marine Le Pen vote déjà contre la PMA à toutes les femmes, qu’elles soient célibataires, en couple hétérosexuel ou homosexuel.
- 2024 : Le groupe du RN propose une loi pour “protéger les mineurs contre certaines pratiques médicales et chirurgicales en matière de ‘transitions de genre’”.
- 2025 : Les députés du RN votent contre la prise en compte de l’identité de genre lors des palpations de sécurité dans les transports.
- 2026 : Les députés du RN votent contre la suppression des mesures qui restreignent et complexifient les procédures de changement de prénom et de nom.
Liste non exhaustive.
Les votes du RN au Parlement européen sur les droits LGBT+
- 2018 : Les eurodéputés du Front national votent contre deux amendements pour interdire les thérapies de conversion.
- 2019 : Le RN vote contre une résolution condamnant les zones “libres de toute idéologie LGBT”, ces zones étaient un marqueur du recul des droits LGBTQIA+ dans des pays comme la Pologne ou la Hongrie.
- 2021 : Les eurodéputés du RN votent contre la condamnation d’une loi hongroise contenant des amendements associant homosexualité et pédocriminalité.
- 2023 : Les eurodéputés du RN sont absents lors du vote de la résolution pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité.
- 2026 : Le RN s’abstient sur le sujet de l’interdiction des thérapies de conversion en Europe. Une nouvelle fois, il ne soutient pas cette résolution. Ces pratiques sont pourtant considérées comme de la “torture” selon l’ONU.
Liste non exhaustive.
Comment le RN arrive-t-il à séduire une partie des LGBT+ ?
Si les votes et les prises de position du Rassemblement national sont régulièrement critiqués par les associations de défense des droits LGBTQIA+, une partie de la communauté continue pourtant de lui accorder sa confiance. Comment expliquer ce phénomène ?
L’homonationalisme ou l’instrumentalisation de la communauté LGBT+
Le Rassemblement national arrive à convaincre une part des électeurs LGBTQIA+ en se faisant passer pour un parti attentif aux causes LGBTQIA+, en se positionnant en soutien contre une menace homophobe dont l’origine serait “la montée de l’islamisme”.
Cela permet au RN de justifier des discours et des politiques racistes, islamophobes et sécuritaires. Cette stratégie d’instrumentalisation des revendications LGBTQIA+ a un nom : c’est de l’homonationalisme.
Cette stratégie a été théorisée par Jasbir K. Puar, professeure au département de Women’s & Gender Studies de l’université de Rutgers. Elle explique comment la reconnaissance de minorités sexuelles et de genres peut être finalement une manière de hiérarchiser et discriminer les individus, ne rendant tolérable qu’un petit bout du spectre LGBTQIA+.
La stratégie du “Je ne suis pas homophobe, j’ai un ami gay”
Le RN met également en avant la présence d’homosexuels au sein du parti, comme Jean-Philippe Tanguy ou Sébastien Chenu, afin de renforcer son image auprès d’une partie de l’électorat LGBTQIA+. Mais la présence d’homosexuels dans un parti ne suffit pas à prouver que ce parti défend les droits LGBTQIA+.
L’histoire montre que l’identité de certains membres ne reflète pas la ligne politique d’un mouvement : Ernst Röhm, chef des SA et homosexuel assumé, occupait une place centrale dans le parti nazi, un régime qui a pourtant persécuté les personnes LGBTQIA+ et qui l’a finalement assassiné lors de la Nuit des Longs Couteaux…
Le vrai danger pour les droits LGBT+, c’est le RN
Le RN n’est et ne sera jamais l’allié des LGBT+, et s’il y a bien un danger pour la communauté LGBTQIA+ et les autres minorités, c’est le Rassemblement national au pouvoir en 2027. Voir notre article sur Giorgia Meloni.
Pour plus de détails sur les votes anti-LGBT+ du RN, allez lire l’enquête de Bon Pote sur le sujet.




