D’après le journaliste russe en exil Mikhail Zygar, regarder Heated Rivalry en Russie serait « un acte de rébellion et d’espoir ». Dans un article publié dans Vanity Fair, il explique que de nombreuses personnes queer en Russie regardent la série sur des sites pirates, celle-ci pouvant être accusée de « propagande LGBTQ+ » par le régime.
Ilya, un personnage queer loin des clichés russes
Dans son article, un homme gay russe témoigne : « [Ilya] ne ressemble ni à un extraterrestre ni à un gangster russe caricatural en chapka – le genre de Russe que l’on voit habituellement dans les films hollywoodiens. C’est simplement un être humain – certes traumatisé par une enfance difficile et tentant de se cacher derrière des blagues grossières, mais au final tout aussi effrayé que son petit ami, Shane, qui a grandi au Canada. [C’est] juste une personne ordinaire, vivante et vulnérable. »

Une lueur d’espoir dans un pays qui interdit toute visibilité LGBTQIA+
Alors que plusieurs lois promulguées entre 2013 et 2023 ont interdit toute représentation LGBTQIA+ en Russie, il est devenu impossible, même pour des personnalités publiques, de soutenir les personnes queer ou de faire leur coming out. Pour des centaines de milliers de jeunes queers russes contraint·es de contourner les lois pour (sur)vivre, le personnage d’Ilya redonne un peu d’espoir.
Cependant, la fin heureuse de la série laisse un goût amer pour les premier·es concerné·es. Beaucoup ont du mal à croire que le courage et la sincérité d’Ilya soient possibles sans avoir jamais vécu en dehors d’un régime profondément LGBTphobe. Si nombre d’entre elleux rêvent de quitter la Russie, iels savent aussi que cela relève souvent de l’impossible. Se sachant condamné·es à rester enfermé·es dans un pays qui les rejette, Heated Rivalry leur offre une lueur d’espoir, mais sans véritables perspectives d’avenir.





